Entête du carnet

8 septembre 2011

Forum des bandes riveraines

« Planète Terre, tu as du prix à nos yeux »

Le Forum des bandes riveraines a réuni pas moins de 165 personnes à l’Auberge des Seigneurs de Saint-Hyacinthe, le jeudi 19 mai 2011, dans le but de sensibiliser la population à l’importance de doter les berges riveraines d’infrastructures naturelles pour empêcher l’érosion des différents cours d’eau du Québec.

Entre autres intervenants de marque, Steven Guilbeault, coordonnateur adjoint d’Équiterre, et le théologien André Beauchamp ont parlé de l’importance de poser un regard éthique sur les questions environnementales.

Pauline Vertefeuille, présente à l’événement

Service des communications

André Beauchamp, théologien, Bertrand Côté, Université de Sherbrooke et Jacques Houle, Fondation des lacs et rivières. Photo : Mélanie Houle

 

Jacques Houle, Pauline Vertefeuille, relationiste et Myriam Lefrenière-Landry, Agriculture et agroalimentaire Canada Photo : Mélanie Houle

Steven Guilbault, Équiterre et Jacques Houle Photo : Mélanie Houle

Panel animé par Bertrand Côté Photo : Mélanie Houle

Assemble du 19 mai. Photo : Mélanie Houle

5 septembre 2011

Dans les médias (2)

Pour en finir avec la pollution diffuse

 

Mulcair prône un programme fédéral-provincial de lutte contre l’érosion des berges

 

Ottawa et les provinces doivent s’entendre pour lancer un programme fédéral-provincial de lutte contre l’érosion des berges sur les cours d’eau afin d’en finir avec la pollution diffuse, principalement d’origine agricole avec son cortège d’engrais, de pesticides et de sédiments.

Telle est la solution que préconise l’ancien ministre québécois de l’Environnement Thomas Mulcair, qui est désormais le leader québécois néodémocrate. M. Mulcair a fait cette proposition dans une entrevue accordée au Devoir en marge du Forum sur les bandes riveraines en milieu rural, que tenait hier à Saint-Hyacinthe la Fondation des lacs et rivières du Canada.

Jacques Houle de la Fondation des lacs et rivières et Thomas Mulcair, député fédéral NPD. Photo : Mélanie Houle

Pour Thomas Mulcair, un programme fédéral-provincial contre la pollution diffuse aurait deux avantages. Il permettrait de synchroniser l’action des deux gouvernements et de faire en sorte que les acteurs du milieu agricole ne pourraient relancer la balle à l’un quand ils sont coincés par l’autre. Mais surtout, les dizaines de millions que les deux ordres de gouvernement investiraient pour compenser la perte de productivité des portions de terre soustraites aux cultures au profit de bandes riveraines efficaces apporteraient une solution permanente au problème.

Source : Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir

5 septembre 2011

Dans les médias (1)

Lacs et rivières -
La plus importante charge polluante de l’année

 

On savait que les lacs et cours d’eau subissaient au printemps un «choc acide», la fonte des neiges libérant d’un coup toutes les molécules déposées par la pollution atmosphérique. Mais nos lacs et cours d’eau subissent au même moment deux chocs tout aussi puissants et néfastes, un «choc sédimentaire» et un «choc toxique», causés par l’érosion phénoménale qui se produit au même moment.

Les lacs et cours d’eau du Québec habité reçoivent présentement la plus importante charge polluante de toute l’année, celle qui leur assurera une place au palmarès des algues bleu-vert l’été prochain et qui est en train de colmater et d’intoxiquer la plupart des frayères de ces cours d’eau aux eaux beiges.

(…) Mais, ajoute de son côté Jacques Houle, le directeur de la Fondation des lacs et rivières du Canada, il ne faut pas sous-estimer l’érosion en rives au printemps, un moment où elle est beaucoup plus intense qu’en été, même au moment des pires orages qui gonflent à l’excès les cours d’eau.

Les volumes d’eau en période de crues étant plus importants, ils érodent férocement la partie la plus élevée des rives avec des courants plus rapides qu’en été, avec des glaces et des arbres qui agissent comme des béliers d’une force inouïe dans les pentes meubles, décrochant souvent des dizaines mètres cubes à la fois qui s’en vont colmater les frayères des poissons, souvent en plein processus nuptial! Les apports d’engrais vont pour leur part faire proliférer en été les algues et les plantes aquatiques, aux dépens des réserves d’oxygène du cours d’eau.

Source : Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir

Quand :

Jeudi le 19 mai 2011


Où :

Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe


Pour renseignements et inscription :

Site de la Faculté de Génie civile de Sherbrooke

http://www.civil.usherbrooke.ca/bandesriveraines2011/index.htm

1 octobre  2010

Le pouvoir des municipalités d’exiger la restauration des berges.

 

Dans une décision récente de la Cour supérieure (Hubert Wallot et autres c. Ville de Québec 2010 QCCS  1370) la Cour a reconnu la validité du règlement municipal ayant pour objet d’imposer aux propriétaires riverains la restauration des berges.

Le 3 juin 2008, la Ville de Québec a adopté le Règlement de l’agglomération sur  la renaturalisation des berges du lac Saint-Charles«R.V.A.Q. 301». Ces dispositions réglementaires obligent plus particulièrement tout propriétaire résidant en bordure du lac à aménager une bande riveraine permanente composée d’un mélange d’arbres, d’arbustes et de plantes sur une largeur variant de 10 à 15 mètres, selon la topographie du terrain. Elles prévoient au surplus une interdiction de couper, d’arracher ou de détruire pratiquement toute végétation poussant sur la berge. Les demandeurs demandaient au tribunal de déclarer nul et inopposable le règlement à leur égard.La Cour supérieure a rejeté la demande et déclare que le règlement R.V.A.Q. 301 est autorisé par la loi.

Essentiellement le règlement limite  substantiellement la jouissance du droit de propriété des riverains. Mais la Cour estime que les mesures mises en œuvre constituent« une réponse logique à une préoccupation sociale réelle et urgente, à savoir la préservation et l’amélioration  d’une indispensable source collective d’eau potable».

Cette décision de la Cour supérieure s’inscrit dans le courant jurisprudentiel établi par la Cour suprême. Cette dernière a reconnu aux municipalités un rôle de fiduciaire de l’environnement (114957 ltée c. Hudson(Ville) (2001) 2 R.C.S. 241). Elle reflète également la volonté du législateur du Québec, qui dans la Loi sur les compétences municipales, a inclus à l’article 4, depuis le 1 janvier 2006, l’environnement dans les compétences municipales.

Par delà les principes juridiques soulevés, la Cour supérieure  reconnaît qu’il y a consensus scientifique autour de la nécessité d’une bande riveraine de 10 à 15 mètres pour qu’elle soit fonctionnelle.

Le droit de propriété des proprétaires riverains, comme tout droit de propriété a une certaine limite. Le Code civil du Québec, reconnaît explicitement que le droit de propriété peut être limité par la loi à l’article 947. D’ailleurs le droit de propriété n’est pas un droit enchâssé dans la Constitution. La conception étroite du droit de propriété absolu relève du libéralisme du XIX siècle. Les propriétaires riverains, comme tout propriétaire terrien, ont une responsabilité face aux impacts environnementaux de l’usage de leurs biens.

Les tribunaux, notamment la Cour suprême, ont conclu que la stérilisation d’une partie du droit de propriété par une loi ou un règlement de zonage n’était pas en soi abusif (Commission de protection du territoire agricole du Québec c. Venne (1989) 1 R.C.S. 880).

Comme l’exprime clairement la Cour suprême dans la décision Sibeca Inc. C. Frelighsburg(2004) 3 R.C.S. :« …la protection de l’environnement naturel du territoire municipal ne peut constituer un but illégitime pour un conseil municipal.». Que ce soit relativement à l’imposition de la  restauration des berges ou de la limite de l’usage en bordure de celles-ci, les municipalités ont le pouvoir légal  et même l’obligation morale de réglementer la restauration et la limite de l’usage des berges des lacs et des cours d’eau. La pollution produite par l’érosion des berges ainsi que l’usage des pesticides et engrais menacent les écosystèmes. De plus, ils peuvent également se révéler une source de danger pour la santé publique de tous les citoyens.

La question du pouvoir de réglementer l’imposition de la restauration des berges par les municipalités du Québec ne s’effectuera pas en vase clos entre les procureurs des municipalités et les propriétaires riverains. L’opinion publique, ultime arbitre du pouvoir politique, imposera d’une manière ou d’une autre, ce qu’elle juge nécessaire pour protéger la qualité de l’environnement et la santé publique.

Comme en toute matière touchant les droits des individus et leurs responsabilités, la concertation des acteurs est préférable à la pure coercition. Dans la cause Hubert Wallot , la ville de Québec avait prévu dans son règlement la mise en place d’un programme d’intervention permettant aux propriétaires riverains, pour une période limitée, de demander à la ville de réaliser elle-même et à ses frais, les travaux de renaturilisation de la bande riveraine. Malheureusement, les demandeurs dans la cause Hubert Wallot n’ont pas profité de cette offre et, suite au jugement, durent assumer eux-même les coûts de la restauration.

Le pouvoir de protection de la qualité de l’environnement par les municipalités bénéficie donc d’une reconnaissance des tribunaux, ainsi que de l’appui d’une large section de l’opinion publique. La concertation des acteurs du secteur municipal impliqués dans la question de la restauration des berges, des lacs et cours d’eau, constitue une avenue alternative à une réglementation provinciale uniforme.

                                                                                     

Christian Houle, avocat

La Fondation des Lacs et Rivières du Canada est heureuse d’accueillir sur son carnet-web une série d’articles traitant de la protection des rives, préparés par Richard Laroche, ingénieur agricole, qui oeuvre depuis 25 ans pour le MAPAQ dans le domaine d’aménagement des cours d’eau. Ces fiches techniques visent à faciliter la pose de diagnostic d’instabilité de talus par des gens de terrain. Il s’agit de 4 documents portant sur les mécanismes de dégradation des rives des cours d’eau (les 4R: Ruissellement, Ravinement, Ruptures en cercle et Régression de fond).

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RUISSELLEMENT

Définition

Le ruissellement est la portion des apports d’eau de précipitation ou de fonte de neige qui circule à la surface du sol en une nappe plus ou moins uniforme et qui alimente le débit des cours d’eau. Le phénomène de ruissellement se produit lorsque la capacité d’infiltration de l’eau dans le sol est dépassée par une forte intensité de précipitation ou par une fonte de neige printanière sur sol gelé. Les sols pulvérulents sont particulièrement sensibles à l’érosion hydrique et à l’entraînement des sédiments dès que les vitesses de la lame d’eau circulant à la surface du sol atteignent 0,6 m/s.

Les effets indésirables du ruissellement se manifestent plus particulièrement à l’interface entre le champ et les abords des cours d’eau. La surface des talus s’érode, créant des foyers d’érosion ponctuels et des blessures dans la berge. Des quantités importantes de sédiments sont entraînées dans le lit du cours d’eau, détériorant la qualité de l’eau et des habitats et occasionnant la formation de dépôts ou d’atterrissements aléatoires dans les tronçons à faible pente. Ces occlusions de la section d’écoulement peuvent causer des inondations ou le déplacement subit du lit du cours d’eau lors d’une crue et entraîner des dommages à la propriété. La durée de vie utile des cours d’eau est significativement réduite et les coûts d’entretien et d’enlèvement des sédiments considérablement accrus.

Diagnostic

À l’observation, on note parfois des cheminements préférentiels d’eau du champ à la surface du sol vers le cours d’eau. Des rigoles aléatoires ou des ravins se dessinent et des masses importantes de sédiments sont déplacées ou emportées vers les cours d’eau.

Moyens de correction

On constate habituellement ce phénomène au printemps à la fonte des neiges ou après de forts orages d’été. Il faut protéger le sol sensible à l’érosion en construisant des voies d’eau engazonnée au niveau des champs. On peut canaliser l’eau vers des chutes enrochées sous-tendues d’un géotextile et recouvertes de perré de taille moyenne (100 à 250 millimètres de diamètre) servant de points d’entrée stabilisés dans le cours d’eau.

On peut aussi intercepter le débit de ruissellement plus en amont dans le champ au moyen d’avaloirs ou de tranchées filtrantes en gravier ou en copeaux de bois. L’interception de la lame ruisselée, au moyen d’une colonne-avaloir perforée et d’une conduite souterraine en plastique à intérieur lisse, prévient la concentration de débit en un même point de la rive et l’attaque du sol par cet écoulement concentré. On peut entourer la colonne avaloir d’un bassin de sédimentation en vue de faire déposer les particules de sol les plus grossières avant qu’elles ne s’engouffrent dans la conduite.

RICHARD LAROCHE, ing.

Février 2010

RAVINEMENT

Définition

Le ravinement est causé par une concentration de débit de ruissellement en un point bas du relief. Les sols pulvérulents sont particulièrement sensibles à l’érosion hydrique dès que les vitesses de la lame d’eau circulant à la surface du sol atteignent 0,6 m/s. Le phénomène de ruissellement se produit lorsque la capacité d’infiltration de l’eau dans le sol est dépassée par une forte intensité de précipitation ou par une fonte de neige très rapide au printemps sur sol gelé.

Le ravinement se manifeste habituellement aux abords des cours d’eau, à l’interface entre le champ et la section d’écoulement du cours d’eau. La surface des talus s’érode, particulièrement si la couverture végétale est absente ou souffre de discontinuités. L’usure du matériel de la rive crée des foyers d’érosion ponctuels, créant des blessures dans la berge où se concentrent les forces érosives de l’eau lors des événements de crue.

Diagnostic

À l’observation, on note parfois des cheminements préférentiels d’eau du champ vers le cours d’eau. Des ravins se creusent et des masses importantes de sédiments sont perdues ou mises en suspension dans l’eau. La qualité de l’eau est altérée et ces sédiments iront se déposer en aval de façon fortuite dans des tronçons à faible pente, obstruant ainsi la section d’écoulement du cours d’eau. Ces atterrissements peuvent être à l’origine de déviation de l’écoulement causant l’érosion des berges ou d’inondations destructrices.

Moyens de correction

On constate habituellement ce phénomène au printemps à la fonte des neiges ou après de forts orages d’été. Il faut protéger le sol sensible à l’érosion en construisant des voies d’eau engazonnée au niveau des champs et des chutes enrochées au niveau du cours d’eau pour fournir une surface d’écoulement résistante à l’usure par l’eau.

On peut aussi intercepter le débit de ruissellement plus en amont dans le champ au moyen d’avaloirs ou de tranchées filtrantes en gravier ou en copeaux de bois. L’interception de la lame ruisselée au moyen d’un avaloir et d’une conduite souterraine prévient la concentration de débit en un même point de la rive et l’attaque du sol par cet écoulement concentré.

Par ailleurs, si on choisit de laisser l’eau atteindre le cours d’eau à la surface du sol, on peut canaliser l’eau vers des points d’entrée (chute enrochée) protégés par la pose d’un géotextile et de perré de taille moyenne (100 à 250 mm de diamètre).

RICHARD LAROCHE, ing.

Février 2010

RUPTURES EN CERCLE

Définition

La rupture en cercle est un mécanisme d’affaissement de talus propre aux sols argileux possédant un mauvais drainage interne. La perméabilité de ces sols cohésifs est très faible, souvent de l’ordre de 1 X 10 -6 cm/sec ou moins, de sorte que des pressions intersticielles se créent et contribuent à déstabiliser la masse de sol. La nappe phréatique se concentre profondément sous l’argile à l’interface de deux couches de perméabilité différente et crée un plan de lubrification propre à faciliter la rotation du talus.

Parfois ce mécanisme est associé à un processus de sapement de berge causé par l’érosion du pied du talus due à l’écoulement de l’eau. L’usure du matériel de la rive décharge le bas du talus qui résiste alors moins bien au moment menant engendré par le poids et les caractéristiques géométriques de la masse de sol dans son plan de rupture. Le moment menant est égal à la masse du sol multipliée par le bras de levier qui correspond au rayon entre le centre de gravité de la masse de sol et le plan de rupture circulaire.

Diagnostic

À l’observation, on note parfois des fissures sur la partie supérieure de la rive, indiquant qu’un processus actif d’instabilité s’est enclenché. L’effondrement peut se produire graduellement par galettes ou soudainement en un seul évènement fortuit. Les talus argileux de grande dimension (4 mètres ou davantage) et au drainage interne très lent sont les plus susceptibles de céder de cette façon.

Moyens de correction

On constate habituellement ce phénomène après qu’il y ait eu rupture du talus, rarement avant. Si on a la possibilité d’observer de la fissuration et de légers mouvements de sol au préalable, il peut quand même être risqué d’intervenir avec des pelles hydrauliques ou d’autres équipements motorisés en raison de leur poids important et des vibrations que leur fonctionnement engendre. Lorsqu’une masse d’argile sensible est soumise à des vibrations à basse fréquence, elle a le potentiel de se liquéfier, ce qui peut provoquer un effondrement subit et causer des dommages considérables.

Si l’accès est sécuritaire, on peut retirer la partie supérieure du talus à risque et ainsi réduire le poids de la masse de sol et l’angle du talus par rapport à l’horizontale. De même, on peut déposer de la grosse pierre (de 300 à 1000 millimètres de diamètre) au bas du talus pour contrer l’amorce de la rotation du dépôt argileux. Si le talus a déjà cédé, on peut appliquer quand même cette procédure pour stopper tout autre mouvement de sol et éviter que le processus d’instabilité ne se poursuive.

RICHARD LAROCHE, ing.

Février 2010

RÉGRESSION DE FOND

Définition

La régression de fond est causée par une érosion concentrée au niveau du fond du lit d’un cours d’eau. Dès que les vitesses d’eau dépassent 1,0 m/s, le matériel meuble du fond est arraché et transporté par l’écoulement. Le phénomène se produit principalement lors des crues, au moment où la hauteur de la lame d’eau, et par conséquent les forces tractrices, sont maximales. On assiste alors à un approfondissement subit ou progressif du lit qui peut se creuser de plusieurs mètres et entraîner l’instabilité des talus et des berges.

Diagnostic

On constate habituellement ce phénomène au printemps après la fonte des neiges ou lors de forts débits dus aux violents orages d’été. Les plans d’aménagement ou d’entretien des cours d’eau municipaux indiquent la ligne de fond projetée et le profil d’exécution réel après les travaux. Lorsqu’une régression de fond se manifeste, la ligne de fond s’abaisse considérablement et de façon inattendue. À l’observation, on note la formation d’un « précipice » là où il n’y avait qu’un petit cours d’eau autrefois. La plupart des cours d’eau agricole ne sont censés mesurer que 1,8 mètre de profondeur environ alors qu’une régression peut abaisser la ligne de fond à 5 mètres ou plus. Les berges deviennent instables en raison de l’élargissement du fond du cours d’eau qui rend les talus plus abrupts (angle s’approchant parfois de la verticale). Des masses importantes de sédiments sont déplacées, la qualité de l’eau est altérée par une forte turbidité et ces atterrissements peuvent être à l’origine de déviations de l’écoulement en aval causant l’érosion des berges ou des inondations inhabituelles.

Moyens de correction

On peut protéger le lit du cours d’eau sensible à l’érosion en construisant des seuils dissipateurs d’énergie* en vue de réduire la pente longitudinale et les vitesses d’eau. On réduit ainsi les forces de cisaillement qui mettent en mouvement le matériel du lit.

On peut par ailleurs enrocher complètement le fond du lit et le pied des talus avec du tout-venant de carrière angulaire de diamètre variant de 100 à 600 millimètres en vue d’accroître leur résistance aux fortes vitesses d’eau et de fournir une surface d’écoulement résistante à l’usure par l’eau.

* La construction de seuils en cascade exige l’obtention d’autorisations municipales, fauniques et environnementales par les autorités concernées (MRC, MRNF et MDDEP).

RICHARD LAROCHE, ing.
Février 2010

15 février 2010

L’eau en peinture

Chez les peintres, comme chez les poètes, l’eau fascine et inspire. À travers de nombreux tableaux ayant comme décor la mer, des lacs ou des rivières, les artistes célèbrent la grandeur de la nature et le sublime de l’eau. En contemplant, par exemple, le tableau intitulé « Lever du soleil sur le Saguenay » du peintre Lucius O’Brien, on éprouve une sensation d’intimité presque charnelle avec l’eau.

Lever de soleil sur le Saguenay, par Lucius O'Brien

Et, c’est un sentiment d’effroi mêlé d’admiration devant les éléments déchaînés que suscite la peinture « L’Orage, Saint-Féréol » de Cornélius Krieghoff.

L'orage, par Cornelius Krieghoff

D’autres oeuvres de grands maîtres, comme celles produites par le Groupe des Sept -Thomson, Harris, Jackson, MacDonald, Varley, Johnson et Carmichael- tirent leur inspiration profonde de la contemplation de l’eau, source ininterrompue de créativité.

15 février 2010

Poésie de l’eau

L’eau, nous le savons, doit être protégée parce qu’elle est essentielle à la vie, mais elle doit aussi être aimée, car elle participe à la beauté de la nature qui nourrit notre imaginaire. Cette poésie de l’eau s’exprime naturellement par les mots; par exemple, dans son poème intitulé Niagara, le poète Louis Fréchette dépeint de manière saisissante le caractère tantôt calme, tantôt tumultueux de l’eau.

« L’onde majestueuse avec lenteur s’écoule;
Puis, sortant tout à coup de ce calme trompeur,
Furieux, et frappant les échos de stupeur,
Dans l’abîme sans fond le fleuve immense croule.
C’est la Chute! son bruit de tonnerre fait peur
Même aux oiseaux errants, qui s’éloignent en foule
Du gouffre formidable où l’arc-en-ciel déroule
Son écharpe de feu sur un lit de vapeur. »

L’eau a séduit le poète! Encore maintenant, elle nous inspire et nous ensorcelle!

15 février 2010

Bouteilles d’eau en plastique

Nos sociétés de consommation ne cessent de mettre en marché des produits qui, en dépit de leur apparence anodine, peuvent devenir après usage, une source importante de dégradation de l’environnement. C’est le cas par exemple, des 28 milliards de bouteilles qui chaque année se retrouvent aux déchets ou simplement abandonnées. Le diaporama ci-après est très explicite sur les multiples impacts négatifs de cette pratique de commercialisation de l’eau embouteillée.

eau embouteillée

Vous avez peut-être entendu parlé d’un «Lip dub» produit au Juvénat pour ouvrir SOS Monde 2010 (Semaine de sensibilisation et d’ouverture sur le monde, axée cette année sur l’urgence d’agir pour l’environnement).

Je suis très fier parce que c’est un projet que les jeunes de l’équipe de réalisation ont conduit de A à Z, avec beaucoup de leadership et de créativité.

Après des journées (et des nuits!) de préparation, de logistique, de contacts et de stress de fou, le matin du 6 janvier a été complètement génial.

Plus de 125 élèves actuels et anciens ainsi que 25 profs, tous bourrés d’une incroyable énergie positive, sont venus vivre l’expérience et, je pense, n’oublieront jamais l’esprit de ce matin-là.

Comme vous avez voulu faire de votre site un lieu privilégié de dialogue sur l’environnement, nous sommes très heureux d’y participer par le biais de notre vidéo.

Mario Houle
Juvénat Notre-Dame de St-Romuald

Notre site est ouvert à tous ceux qui se préoccupent de l’environnement. La conférence de Copenhague a nourri notre réflexion sur les gaz à effet de serre et leur incidence sur le climat.

Les gaz à effet de serre sont des phénomènes naturels, utiles et même essentiels à l’activité de la planète, mais qui peuvent devenir dommageables et même destructeurs quand ils sont amplifiés par l’activité humaine.

D’une part, en effet, la terre jouit d’un système naturel de captation de la chaleur solaire. La plus grande partie du rayonnement solaire traverse l’atmosphère jusqu’à la surface de la terre qui se réchauffe puis, réfléchit ce rayonnement solaire. Certains gaz de l’atmosphère absorbent ce rayonnement solaire ascendant et, par la suite, le renvoient vers le sol en y maintenant la chaleur comme dans une serre. Sans ces gaz à effet de serre, la température moyenne de la terre au sol serait d’environ -18 degrés Celsius au lieu de +15 degrés Celsius.

Malheureusement, ces gaz deviennent néfastes si l’activité humaine en envoie des surplus dans l’atmosphère. On peut nommer par exemple, le dioxyde de carbone (CO2) produit surtout par la consommation de combustibles fossiles comme les hydrocarbures, le gaz et le charbon. D’autres gaz à effet de serre sont libérés aussi dans l’atmosphère comme le méthane (CH2) produit par la décomposition bactérienne des aliments dans les intestins des ruminants comme les vaches et les moutons. Il y a aussi l’oxyde nitreux (N2O) résultant de la décomposition des engrais chimiques à base d’azote. Selon les scientifiques, ces gaz à effet de serre d’origine humaine auraient modifié la composition de l’air en y injectant notamment des surplus de dioxyde de carbone : en 1980, c’est plus de seize milliards de tonnes qui ont été émis dans l’atmosphère; en 2000, ce chiffre est passé à vingt-trois milliards de tonnes, et les prévisions d’ici 2015 sont des émissions supplémentaires de 10 milliards de tonnes à chaque année. Le problème causé par ces surplus de GES est encore accentué par la déforestation qui, elle, diminue considérablement le volume de dioxyde de carbone que la nature peut absorber.

Les chercheurs sur le climat anticipent que ces émissions de GES auront de nombreux impacts négatifs sur l’environnement dont, la fonte massive des glaciers et une élévation du niveau moyen de la mer. Le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui conseille l’ONU établit clairement une corrélation entre les émissions de GES et les hausses de température et nous rappelle régulièrement toute l’urgence d’agir à l’échelle planétaire.

Le Québec  est touché par ce réchauffement climatique qui provoque par exemple l’érosion des berges sur la Côte-Nord. Les perturbations climatiques entraînent aussi le dégel du pergelisol, cette couche terrestre supérieure qui devait être figée dans la glace à jamais. Au Nunavik, les fondations de routes et de pistes d’atterrissage ont été rendues instables parce que le sol s’est réchauffé de 2 degrés C depuis quelques années et le phénomène s’accentue. Déjà, neuf des treize aéroports provinciaux desservant les communautés inuites sont menacés par le dégel du pergelisol. Quatre des routes d’accès sont aussi en danger. Pour les responsables du ministère des Transports du Québec, le réchauffement climatique n’est pas un débat scientifique, mais une réalité concrète avec laquelle il doit composer pour assurer la survie d’infrastructures situées dans l’extrême nord québécois.

Le Québec a décidé de se donner une cible audacieuse de réduction de ses émissions de GES, soit une baisse de 20% par rapport au niveau de 1990. Atteindre cette cible permettrait au Québec de se hisser au premier rang au monde pour son bilan énergétique. L’objectif du Québec se rapprocherait sensiblement de celui proposé par les scientifiques, soit une réduction de 25% d’ici l’année 2020 et de 50% d’ici l’année 2050 par référence à 1990.

L’accord final de la conférence de Copenhague ne contient malheureusement aucune cible précise en matière de réduction de GES. Certains états européens envisagent néanmoins d’imposer des ajustements tarifaires à leur frontière sur des produits en provenance de pays dont les efforts en matière de réduction d’émissions de GES seraient jugés insuffisants. L’Organisation Mondiale du Commerce et le Programme des Nations Unies pour l’environnement ont déjà reconnu que de telles mesures étaient éthiques et morales.

S’il veut éviter ces mesures tarifaires punitives, ce serait donc dans l’intérêt du Canada, dont la prospérité repose en grande partie sur ses exportations, de fournir un effort de réduction de GES comparable à celui de la majorité des pays développés. Notre intérêt économique nous commande de saisir l’occasion pour mettre en place un nouveau modèle économique à base d’énergies renouvelables. Les sociétés qui sauront transformer leur tissu productif en misant davantage sur les énergies renouvelables et sur l’innovation technologique reliées à la protection de l’environnement seront éventuellement les gagnants de cette nouvelle économie durable. Leurs entreprises pourront exporter leurs produits écologiques et leur savoir-faire à travers le monde.

D’ores et déjà, le Québec s’est lancé audacieusement sur cette voie. Il possède de nombreux atouts dont un des plus hauts taux d’énergie renouvelable au monde. En effet, c’est environ 50% de son portefeuille énergétique qui est de source renouvelable. Le Québec possède aussi des entreprises de calibre international capables de produire du matériel de transport collectif beaucoup moins polluant que l’automobile conventionnelle qui roule à l’essence. Le Québec détient  un bon noyau de centres de recherche en énergie alternative  et d’entreprises de fabrication de composantes de véhicules électriques. Tout récemment, il a en plus créé Ecotech Quebec, un outil dynamique qui appuie l’émergence de nouvelles technologies vertes.

Le Canada tout entier pourrait aussi suivre l’exemple du Québec en amorçant un virage vers une économie durable : il possède des ressources naturelles en abondance, une main-d’œuvre hautement qualifiée, de grandes universités ainsi qu’une classe d’entrepreneurs innovateurs. En résumé, le Canada a déjà la boîte à outils pour réussir le virage vers une économie durable. Reste la volonté d’agir…

18 janvier 2010

Avatar

Sur la planète Pandora, imaginé par James Cameron, réalisateur du film Avatar, tous ses habitants vivent en harmonie avec leur environnement naturel. Par le biais de cette fiction cinématographique, son créateur nous suggère, je pense, que nous pourrions vivre nous aussi en symbiose avec notre planète Terre.

 S’il est vrai que l’homme a souvent malmené son habitat, il faut quand même garder espoir.La pollution, qui a été indubitablement l’un des effets négatifs du développement industriel et technologique, peut maintenant être combattue par ce même progrès technique qui l’avait suscitée. En définitive, il faut certes demeurer lucides et vigilants face aux problématiques de l’environnement, mais il ne faut jamais s’abandonner au défaitisme et, surtout, il faut passer à l’action. C’est le défi que se lance régulièrement la Fondation des Lacs et Rivières du Canada.

 Ensemble, ne pourrions-nous pas faire de notre Terre, une nouvelle Pandora?!…

IMPORTANCE DE LA VÉGÉTATION RIVERAINE POUR PROTÉGER
ET  AMÉLIORER LA QUALITÉ DE L’EAU.

Les arbres, arbustes et plantes herbacées qui poussent naturellement sur la rive et  le littoral de nos lacs et cours d’eau remplissent de nombreuses fonctions écologiques. En effet, la végétation riveraine sert à la fois :

-  d’habitat pour la faune;
-  de protection contre la dégradation des rives;
-  de barrière contre l’apport de sédiments;
-  de brise-vent naturel;
-  d’éponge pour retenir les surplus d’eau lors de fortes pluies et de chute de neige;
-  d’écran pour prévenir le réchauffement excessif de l’eau;
-  et surtout, de filtre contre la pollution des cours d’eau par les engrais ou les  pesticides.

Malheureusement, l’aménagement de réseaux de drainage souterrain et la mise en culture intensive de la bande riveraine en milieu agricole, ont accéléré l’érosion des sols et provoqué la disparition de ce couvert végétal sur des milliers de kilomètres de rives de rivières, de ruisseaux et de fossés.

C’est pour rétablir cet essentiel couvert végétal  que la Fondation des Lacs et Rivières du Canada s’est activée, depuis près de quinze ans, à réparer des rives érodées et à revégétaliser des bandes riveraines qui pourront continuer à remplir leur fonction naturelle d’améliorer et de sauvegarder  la santé de nos cours d’eau.

5 décembre 2009

L’eau douce, précieuse et rare…

L’eau douce, comme nous le savons tous, est une chose précieuse puisque sans elle, aucune vie sur terre ne serait possible. Il faut donc la protéger de toutes nos forces, d’autant plus qu’elle est d’une grande rareté à l’échelle planétaire. Rare, en effet, puisque 95,1% des réserves mondiales d’eau sont sous forme d’eau salée. L’eau douce, dont la plus grande partie se présente sous forme de glace ou d’eau souterraine, représente environ 5% des réserves totales. Or, seulement une infime partie de l’eau douce (0,1%) est accessible à la consommation humaine. Dans ce contexte d’extrême rareté de l’eau douce, le Québec s’en tire très bien avec 3% des réserves mondiales renouvelables d’eau douce. En effet, le Québec dispose d’un prodigieux réseau hydrographique de plus d’un demi million de lacs, de milliers de rivières et du grandiose fleuve St-Laurent. Protéger les milliers de kilomètres de ces cours d’eau contre les menaces causées par l’érosion, est un devoir aussi bien individuel que collectif.

Notre héritage aquatique est extraordinaire. Que pouvons-nous faire et que faisons-nous individuellement et collectivement pour protéger l’intégrité de cette ressource naturelle unique?

28 novembre 2009

Mot de bienvenue

Depuis ses débuts, il y a de cela près de 15 ans, la Fondation des lacs et rivières du Canada a livré une lutte sans relâche contre l’érosion des rives sachant qu’elle entraîne des conséquences graves dont un apport en sédiments, une contamination de l’eau par les pesticides, l’azote et le phosphore, en plus de favoriser la disparition du couvert végétal et la destruction des habitats fauniques.

Malgré ses nombreux travaux de protection et de restauration de berges fortement dégradés, le défi à relever demeure colossal. En effet, des milliers de kilomètres de rives de cours d’eau sont encore en situation d’érosion avancée particulièrement en milieu agricole. Avec le réchauffement climatique, les rives de nos lacs et rivières sont encore plus à risque comme en témoigne la progression de l’érosion des berges du fleuve St-Laurent sur la Côte Nord.

En plus de son action de terrain qu’elle veut intensifier, la Fondation veut resserrer ses liens avec tous les milieux. À cette fin, elle inaugure un carnet-blog dont elle espère qu’il deviendra un lieu privilégié de dialogue sur les enjeux de la protection des écosystèmes aquatiques et riverains. Nos pages sont donc ouvertes à tous ceux et celles qui veulent, par leurs connaissances, leurs expériences et leurs convictions, participer avec nous à la conception et à la mise en œuvre de projets de protection de la qualité de l’eau tant au niveau global que local.

Création du thème : devolux.org

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